• [DC] Prologue : Un mariage de printemps (1/5)

    [DC] Prologue : Un mariage de printemps

    [DC] Prologue : Un mariage de printemps

    [DC] Prologue : Un mariage de printemps

     Léonie sentait la poigne ferme de son père contre son bras, comme pour l'empêcher de mettre à exécution les menaces qu'elle avait proférées quelques semaines auparavant à l'annonce de son mariage : fuir pour prendre le voile au couvent de la Miséricorde sur l'île de Windenburg. Suite à sa rébellion, elle avait été séquestrée dans sa chambre jusqu'au jour du mariage, et maintenant, la jeune fille ne voyait plus aucune échappatoire possible. Malgré la voix menaçante de son père qui la sommait de plaquer un sourire de circonstance sur son visage, Léonie avançait vers l'arche de mariage avec l'expression résignée de la victime innocente que l'on mène à l'échafaud. Elle se souvenait avec désespoir de ce jour haï entre tous où son destin avait basculé.

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    Quand son père l'avait fait appeler au salon en ce premier jour de printemps, elle ne se doutait guère que c'était pour entendre la condamnation à mort de tous ses espoirs de jeune fille. Elle se rappelait fort bien les mots qu'il avait prononcés :

    «Léonie, Martial Lambert vient de me demander ta main et j'ai accepté. Tu te maries dans un mois...
    - Martial Lambert ? Me marier avec lui ? Dans un mois ? Mais...
    - Ah non, pas de mais ! Une fille n'a pas à s'opposer la volonté de son père !»

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    Se préparant à une lutte de longue haleine, Léonie s'était laisser choir aux côtés de l'auteur de ses jours.

    «Sérieusement, père, vous ne pouvez pas me marier avec lui, pas avec l'idiot du village... Non seulement il n'est pas de mon rang mais il est indigne de moi !
    - Indigne ? Et sur quels critères bases-tu ton jugement ?
    - Tout le monde se moque de lui au village, comme si vous ne le saviez pas ! Vous n'êtes d'ailleurs pas le dernier à le couvrir de quolibets... Mais pour vous résumer mes répugnances, il ne sait pas écrire, il ne sait pas s'exprimer sans bégayer, il est rustre et sans éducation. Je ne veux pas qu'il soit le père de mes enfants !
    - Fille ingrate et déloyale ! Tu voudrais donc me faire revenir sur ma parole ? Tu voudrais donc dépouiller ton père des terres riches et grasses que ton promis a consenti à me donner juste pour le privilège de t'avoir pour épouse, toi, la moins belle de mes filles ?
    - Ainsi, vous m'avez vendue à ce traîne-savate, à ce crève-la-faim, à ce misérable, pour une poignée d'acres ?
    - Cinq acres ne sont pas une poignée, fille ignorante ! Lambert m'offre sur un plateau le terrain que je convoite depuis des années et que son imbécile d'oncle a toujours refusé de me vendre de son vivant malgré mes offres plus que généreuses ! Et voici que son neveu, mû par ce sentiment idiot que les poètes nomment amour, me cède ses plus belles terres...
    - Amour ? Mais je ne lui ai jamais parlé, je ne l'ai jamais encouragé de quelque manière que ce soit !
    - Il suffit ! Tu devrais te sentir flattée qu'il t'ait distinguée parmi tes sœurs qui sont beaucoup plus belles que toi ! Tu feras ton devoir de fille et tu épouseras cet homme...
    - Jamais, vous m'entendez ? Jamais ! Je préfèrerais me faire nonne ! Si vous continuez dans votre délire matrimonial, je m'enfuirai de la maison, je prendrai le voile au couvent de la Miséricorde, et ainsi, non seulement vous perdrez votre fille mais également vos si précieuses terres à venir... Il y a des lois dans ce pays qui exigent le consentement des fiancés !»

    [DC] Prologue : Un mariage de printemps

    Excédé par la résistance opiniâtre de sa fille cadette, Léonce Lesaunier lui avait administré une gifle si violente que sa tête  s'était renversée en arrière.

    «Des lois ? Eh bien voilà la mienne, jeune effrontée ! Monte tout de suite dans ta chambre pour méditer sur l'obéissance et le respect dus aux parents, et n'en redescends plus jusqu'à nouvel avis ! Une de tes sœurs t'apportera ton souper...»

    «Des lois ? avait-il continuer à s'échauffer en pensée. Et pourquoi pas le droit de vote pour les femmes tant qu'on y est... Ah ça, si ce jour maudit arrive, ce sera le début de la décadence... mais il gèlera auparavant en enfer !»

     

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 22 Juillet à 23:57

    cool

     

    c'est super  super super j'aime  5 acres de terre pour une vie !  quel père agréable la moins belle dit il et bien quel goujat!  il est vrai que l'on ne devait pas discuter les décisions du patriarche, et nombres de mariages furent ainsi conclut mais furent ils plus ou moins malheureux ! 

     

    j'attends de lire la suite maintenant mis en fav

      • Lundi 23 Juillet à 08:20

        Oh merci beaucoup pour le fav, j'espère que la suite te plaira tout autant ! Normalement elle arrive ce soir...

        Oui, le père ne s'embarrasse guère de délicatesse pour s'adresser à sa cadette... mais il n'en use pas non plus envers ses autres filles ni même sa femme. C'est un homme autoritaire qui n'hésite pas à corriger les membres désobéissants de son foyer... comme beaucoup d'hommes de son époque malheureusement !

    2
    Fanfani
    Lundi 23 Juillet à 00:29

    Eh bien ça valait la peine de patienter ! C’est rude mais c’est rudement bien conté. Je déteste déjà la main qui gifle, qui empoigne et qui conduit à l’échafaud matrimonial même si ce mariage n’est peut-être pas si affreux que Leone l’imagine. On a le droit de rêver... tant qu’on n’a pas vu le benêt annoncé.

      • Lundi 23 Juillet à 08:25

        J'ai bien peur que certains épisodes soient encore bien rudes... frown Mais comme tu l'as deviné, j'ai décidé de raconter à travers ce challenge la dure condition des femmes, (et celles des plus défavorisés)... mais je mettrai aussi en scène les hommes de bonne volonté pour contrebalancer tout cet obscurantisme autour de la femme !  wink2 Qui sait ? peut-être que le beau gosse à moustache fait parti de ces hommes de bonne volonté ? winktongue

        J'aime bien ta réflexion sur le père Lesaunier. Malheureusement, il est persuadé d'être dans son bon droit et que les femmes ont besoin d'être matées...arf

    3
    Lamé
    Lundi 23 Juillet à 07:37
    Quel début ! ça met tout de suite dans l'ambiance et ça rappelle une époque où la majorité des femmes (enfin presque toutes) ne pouvait choisir leur époux. Les mariages d'amour étaient bien rares... En espérant que ce futur mari, sous ses dehors rustres, se révèle être un bien meilleur époux qu'elle ne l'imagine. Hâte de suivre la suite :)
      • Lundi 23 Juillet à 08:28

        Merci Lamé ! Quand je repense à la condition de toutes les femmes qui m'ont précédée, ça me sert le bide, et je suis bien contente de vivre à mon époque dans mon pays, même s'il y a encore des choses à améliorer...

        Qui sait ? Son mari lui réservera peut-être des surprises heureuses ? A condition bien sûr que Léonie soit prête à les voir... wink2

    4
    l'arbre en boule
    Lundi 23 Juillet à 08:37

    C'est vrai qu'on a tendance à oublier qu'à une époque pas si lointaine que ça, les filles (quel que soit leur milieu social) servaient de monnaie d'échange pour satisfaire la cupidité des parents et Léonie n'échappe pas à la règle, si ce n'est qu'au lieu de se contenter de pleurer toutes les larmes de son corps et de supplier son papounet géniteur, elle a le courage de se rebeller et se prend une bonne baffe : "qui aime bien chatie bien", comme on disait dans le temps et pour le "bien" des enfants…

    Léonie va donc épouser Martial le rustre, le benêt, qui est quand même amoureux de sa promise, ce qui pourrait changer bien des choses… Soyons optimistes ! wink2

    Maintenant que tu as piqué ma curiosité, il me tarde de lire la suite (avec ou sans Donichou d'amûûûr… he)

      • Lundi 23 Juillet à 10:12

        Eh oui, c'était une époque où le bonheur personnel ne faisait pas parti des priorités de la vie, où les filles étaient mariées à des hommes qu'elles n'aimaient pas forcément, où le plaisir était présenté comme un péché mortel, où certaines jeunes épousées ne se remettaient jamais de leur nuit de noces... où les pères de famille corrigeaient femme et enfants, bref une époque qui ne manque pas du tout !! no

        J'aime ton optimisme :  l'amour de Martial pourrait effectivement changer bien des choses... à condition que la colère n'aveugle pas Léonie et ne l'empêche pas de voir les qualités réelles de ce mari imposé. Mais j'ai bien peur que d'autres obstacles ne viennent gâcher une possible embellie ! Enfin, tu comprendras à l'épisode 5 du prologue... yes

        Concernant Donichou d'amûûûr, tu vas peut-être être contente : en fait, Léonie c'est la fille qu'il a eue avec une des Caliente dans une de mes nombreuses parties où je joue avec lui... Elle est pas belle la vie ?!? tongue

    5
    Lundi 23 Juillet à 08:55

    Ce début d'histoire et tu ne nous rends pas du tout sympathique le père de Léonie ^^. Mais combien de mariages se sont fait sur des transactions plus ou moins importantes sans le consentement des enfants ? Je pense malheureusement que cela a dû être le cas très souvent en France au début du XXeme siècle. Et je suppose, malheureusement encore actuellement dans d'autres pays...

    Apparemment, Léonie ne voit pas son futur mari sous un jour très flatteur. Espérons qu'ils arrivent quand même à faire preuve de bonne intelligence pour vivre au mieux.

    Je suivrai ton décade challenge avec vraiment beaucoup d'intérêt. Tu sais nous faire de si jolis personnages. (bon dommage qu'il n'y ait pas Donichou, mais on se rattrapera une autre fois he).

      • Lundi 23 Juillet à 10:19

        Oui, ça devait vraiment être atroce de se retrouver mariée à un homme que l'on n'avait pas choisi ! Surtout avec le devoir d'obéissance qui était rattaché au mariage (jusqu'en 1938 en France il me semble...)

        Il est vrai que Léonie voit son mari à travers le prisme déformant des rumeurs et des moqueries dont Martial est l'objet. Elle ne lui a jamais adressé la parole, en fait, même si elle le connaît de vue puisqu'ils se croisent obligatoirement à la messe... wink2 Mais il ne fait pas parti du même milieu que le sien, même s'il pratique la même activité que son père.

        En tout cas, merci d'accorder de l'intérêt à mon Decade !!
        Pour Donichou, voir la réponse adressée à L'arbre en boule ci-dessus... ^^

    6
    Lundi 23 Juillet à 13:12

    Dès le premier screen, je me suis dis, elle est pas heureuse Léonie enfait ! et plus je faisais défiler la page et plus ça se confirmait! C'est vrai qu'a une époque les mariages malheureusement étaient pour la plupart arrangés et tu as très bien retranscrit ça !

    Le papa est certes autoritaire mais ça correspond encore une fois à l'époque dont tu écrit le challenge ! Je ne peut pas dire que je n'aime pas le père car dans son époque il avait le "droit" de faire ça et de parler comme ça ! 

     

    En tout cas ça promet! J'aime beaucoup tes sreens, on arrive très bien à imaginer la souffrance de Léonie

      • Lundi 23 Juillet à 20:46

        C'est le plus beau compliment que tu pouvais me faire à propos des tourments de Léonie que  vous arrivez à ressentir en tant que lecteurs ! Merci...kiss

        Eh oui, autres temps, autres moeurs ! Le père Lesaunier est dans le rôle que l'époque lui permet et n'a certes pas le sentiment d'abuser de sa position de patriarche autoritaire... J'espère que la suite te plaira tout autant !

    7
    Lundi 30 Juillet à 16:12

    Quelle terrible histoire ! Cela commence vraiment bien mal pour ton héroïne. J'enverrais bien le père rôtir en enfer. C'est typiquement le genre de situation qui me fait sortir de mes gonds, en féministe que je suis. Ton écriture ainsi que les images sont parfaites, tout y est. C'est très prometteur pour la suite.

      • Lundi 30 Juillet à 21:18

        J'ai bien peur que la suite de l'histoire te fasse bien souvent sortir de tes gonds, car j'aimerais dépeindre à travers ce challenge les conditions féminines de l'époque, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'était pas très bon être femme ! En tout cas merci beaucoup pour tes compliments, ça me touche... J'espère que la suite sera à la hauteur de tes attentes !! ♥

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